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Des pompiers en visite aiment un voyage sentimental à bord d’un vieux tramway



À 17 ans, Lorenzo Calce cirait des chaussures dans le Mont Royal Hotel sur la rue Peel. Maintenant, à 40 ans, il est vice-président (des opérations) de Murray Hill Limousines Service Ltd. Le lien entre ces deux métiers était Charles Hershorn, qui est mort ce mois-ci à 76 ans après 22 ans en tant que propriétaire et président de Murray Hill.

En tant que nouvel arrivé du village de Galluccio, proche de Naples, M. Calce a commencé en regardant les chaussures plutôt que la flotte de M. Hershorn. Les deux se sont bien entendu, et le jeune Italien a raccroché son ensemble de cirage pour devenir un balayeur/laveur de Murray Hill. De ce tremplin improbable, il a sauté à son poste présent, surveiller l’entretien pour la plus grande compagnie privée d’autobus du Canada et Limousine Compagnie.

La carrière de M. Hershorn a aussi subit une surprenante métamorphose. Il était président de Hyde Park Clothes, appartenant à ce moment-là à sa famille, quand il est parti après une dispute et qu’il a acheté en 1953 Murray Hill. La firme se languissait à ce moment-là en tant que modeste opération de taxis et d’autobus. Alors les deux hommes sont arrivés au travail de leur vie par des façons détournées. Pendant toutes leurs années ensemble, ils ont approché le marché du transport avec un enthousiasme transformé et illimité. Le bonheur était de montrer à un visiteur les 80 autobus, 50 limousines Cadillac – incluant une Fleetwood argent de 18 000$ que des ministres du cabinet avaient roulé dedans, 55 Meteor Sedans («toutes avec air conditionné et des conducteurs en uniforme»), deux majestueuse Austin Princesses noires de 14 000$ engagées par les Beatles durant leur apparition à Montréal («Pouvez-vous mettre les Beatles dans une Cadillac?» a dit M. Hershorn d’un ton sec, complètement consterné à cette pensée) et le caverneux complexe de garage de 750 000 pieds carrés sur la rue Barre où sont logés les véhicules Murray Hill et ceux des clients de firmes.

Mais tout ceci, dans un sens, était une occupation secondaire pour M. Hershorn et son protégé.
Durant la création des autobus, la division du travail était toujours la même. M. Hershorn avançait le concept d’un nouveau véhicule avec des caractéristiques flamboyantes, testant ses idées plusieurs fois contre le sens commun dur comme fer de M. Calce. Une fois que le design final était négocié, il était transféré à l’équipe de carrossiers de six hommes de Murray Hill – mené par l’autodidacte M. Calce – pour être exécuté sur un autobus standard.

Vous devez être fou pour songer à ces idées.» a dit M. Hershorn dans une entrevue un peu avant sa mort. Mes chauffeurs pensaient que j’était fou quand j’ai commencé à travailler sur notre première spécialité – un autobus décapotable – en 1956. Je voulais montrer au monde que je savais quelque chose à propos de l’industrie des tours guidés. La question que je n’arrêtais pas d’entendre : qu’est-ce qui arriverait s’il pleuvait. Mais cet autobus a été un succès dès la première promenade de démonstration à Carré Dominion. Surnommer le Sunliner, le modèle pionnier a aussi été inspiré par le fait que, avant la conversion, son toit fuyait. Il est encore utilisé aujourd’hui.

Le Golden Chariot, un autre transporteur sans toit, plaisait davantage à l’armée de touriste qui prenait les autobus Murray Hill chaque été – et en particulier durant les fins de semaines de fête comme la fête du travail – pour rouler dans la ville et les environs. Sentant les idées créatives bouillir, le duo a décidé de se charger de leur œuvre la plus grande. Le Tram, une version autobus du vieux système de tramways de Montréal, n’a pas été amené à l’avant sans angoisse, se souvient M. Calce.« Il a dû être pris à part trois fois avant que nous ne le fassions comme il le faut. Nous n’avions aucun plan – seulement une photo d’un vieux tramway.»

Le président de Murray Hill n’a jamais laissé son manque de formation mécanique le gêner dans la direction de la compagnie dans le lancement du projet de reconstruction des autobus. «Une fois que vous connaissez l’industrie du vêtement, vous pouvez diriger n’importe quoi.» a-t-il dit. «Le principe est le même. Je ne reconnaissais pas un radiateur d’un pneu de caoutchouc au début. Mais Pasquale – qui a mis son cœur et son âme dans cette industrie – a dit pourquoi pas? Alors nous avons décidé de le faire.» (Son appréciation de la bonne mécanique s’est développée au point de s’acheter lui-même une Mercedes 600, une fois l’automobile préférée du roi du Maroc et d’autres sommités.)

«Pasquale» était le nom dont M. Hershorn avait rapidement surnommé son jeune employé. Il trouvait Lorenzo et Calce (prononcé Calsee) dur à dire. Le receveur du surnom n’avait pas une bonne opinion du fait de se faire rebaptiser, mais il s’est habitué. Tout comme le reste du monde. Aujourd’hui, sur sa carte d’affaires (en vert et blanc, les couleurs de la compagnie) on peut lire : Lorenzo (Pasquale) Calce. En dépit de son ascension à la suite exécutive, l’ancien balayeur n’a jamais perdu son goût de garder le garage Murray Hill aussi propre que possible pour une pièce d’opération. Il sent encore le goût de sauter sur un paquet de cigarettes écrasé que la machine à nettoyage automatique de la compagnie a manqué. «Elle coûte 9 000$ et elle ne peut même pas prendre un paquet de cigarettes.» se lamente-t-il. «Mais c’est bon pour les fesses. » Une règle d’or pour Calce : aucun véhicule ne sort du garage sans avoir été nettoyé.

Le flot d’autobus spécialisés a continué. Le Colorama, avec de fiers panneaux de toit transparents, a été dévoilé en 1966 en tant que réponse au problème de la pluie propre aux transporteurs décapotables. Correct à l’automne, il s’est révélé trop chaud pour être utilisé durant l’été. Ensuite, il y a eu le Crystal Cube. Cette boite de verre montée sur un châssis d’Austin Mini est appelée pour donner aux dignitaires en visite une chance de faire quelques observations du centre ville. M. Hershorn a raconté comment nous avons trouvé ce véhicule excentrique «Dans l’édition européenne du Time Magazine quand je suis débarqué d’un avion à Rome durant un voyage autour du monde avec ma femme.» Il a immédiatement reconnu le Cube comme étant une sorte de bogheis de Murray Hill. L’histoire dit qu’une firme de Londres était en train de la construire. Ajoutant un arrêt à Londres sur son itinéraire, M. Hershorn a placé une commande d’un Cube pour lui-même. La voiturette a été expédiée à Montréal, où ses hommes ont installé un radiateur et un système d’adresse publique. «C’est différent.» dit M. Calce. «C’est le nom du jeu maintenant.»

En 1968, Murray Hill a reçu son premier autobus de tours «panoramique» de 85 000$, construit pour la commande d’une firme de Québec. Il avait une caractéristique qui, à ce moment, était une innovation audacieuse : des fenêtres de côté très hautes qui étaient en fait des pare-brises tournés au bout. «Le constructeur a dit qu’il paraîtrait affreux.» se souvient M. Calce. «Nous lui avons dit : c’est notre argent : ne faites que le construire. Maintenant, les passagers aiment nos panoramique.» Ce ne sont pas toutes les inspirations de M. Hershorn qui sont arrivées à terme. Il voulait originalement festonner le nouvel autobus Olympic de la compagnie – d’une valeur de 150 000 $ - avec des imitations de piliers grec rappelant les stades où les anciens Jeux avaient lieu.

Le vice-président sentait que le maestro – qui, malgré une mauvaise santé récente, est venu au travail jusqu’à sa mort – était dans l’erreur sur cela. «Ça n’aurait tout simplement pas marché. Je l’ai convaincu de ne pas le faire.» La version finale – maintenant une familiarité sur les rues de la ville a pour caractéristique de grandes fenêtres rondes sur chaque côté, inspiré par le symbole des anneaux Olympique. C’est le seul autobus dans le monde avec un plafond de 11 pieds et 9 pouces, des sièges qui pivotent et une torche Olympique en haut du pare-brise. La flotte de Murray Hill n’a pas toujours été uns chose remplie de splendeurs.

Quand Louis Samuels a commencé la firme en 1909, son matériel roulant ne consistait que d’un chariot tiré par un cheval. L’affaire a atteint son maximum lors de la Seconde Guerre Mondiale, durant laquelle les taxis Murray Hill transportaient les pilotes militaires à l’aéroport de St. Hubert. Mais la vitesse d’expansion a ralenti après que la paix soit arrivée. M. Hershorn a décrit comment la poussière était «épaisse» sur le bureau de M. Samuels le jour où il est entré pour avoir son auto nettoyée au garage de la compagnie Oller Street. «Pourquoi voulez-vous être ici à votre âge?» lui ai-je demandé. «Voulez-vous acheter? était sa réponse. Je lui ai dit oui, même si je devais le faire avec de l’argent emprunté. J’ai reconnu le commerce comme étant en dormance et qu’elle pouvait aller loin.»

Un des premiers mouvements de M. Hershorn était de mettre aux enchères 20 Packards vieillissantes à 10$ et plus. Il les a remplacé par des Cadillac. Il a ensuite acheté un ancien dépôt d’Army Service Corps délabré sur la rue Barre et il la démolit. Le complexe de garage de la firme n’a été construit sur le site qu’à la fin des années 50. Les bureaux exécutifs sont à l’endroit anciennement occupé par les latrines du dépôt. Appelé au fil des années à conduire des personnes couronnées, des millionnaires et des célébrités internationales, les chauffeurs (pas des conducteurs, s’il vous plait) de Murray Hill ont acquis une réputation d’assurance inébranlable. Par exemple, l’homme qui a conduit le comte Beaverbrook, le regretté magnat des journaux, lors de ces excursions autour du Canada de l’est a appris très vite comment se servir du volant en mangeant des œufs durs. Monsieur le Comte amenait toujours un sac plein pour éviter de perdre du temps avec des arrêts pour manger.

La compagnie n’est plus dans les affaires de taxi et d’ambulance, mais elle et ses 311 employés syndiqués offre un marché de transport complet d’automobile-autobus : charters, tours de visites guidées, service d’aéroport, véhicules pour les mariages, les funérailles et autres occasions. Mais les autobus uniques ont été – et continueront d’être – le glaçage attrayant sur les gâteaux de Murray Hill, dit M. Calce avec sensibilité. «C’est de cette façon que M. Hershorn l’aurait voulu. Nous avons tous les deux vécu une vie d’artiste durant les années où nous avons construit ces véhicules spécialisés. Les heures, les efforts ne voulaient rien dire pour nous. Le défi de faire quelque chose de nouveau – ça c’était l’affaire.»



Par Brian Moore

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